- Interview -

« Debout ! » une exposition inédite connectée avec le Couvent des Jacobins

Publié le 20/07/2018

3 questions à Jean-Jacques Aillagon, Directeur général de la Collection Pinault

L’exposition « Debout ! » a ouvert ses portes à Rennes au Couvent des Jacobins et au Musée des Beaux-Arts. Beaucoup des œuvres présentées n’ont jamais été exposées en public et ont été choisies spécialement en fonction des lieux. Interview avec Jean-Jacques Aillagon, l’ancien Ministre de la Culture qui dirige la Collection Pinault.


Beaucoup d’œuvres exposées à Rennes n’ont jamais été montrées ?

C’est une exposition très largement inédite, en effet. Certaines œuvres n’ont encore jamais été montrées, je pense, notamment, aux productions les plus récentes de l’artiste brésilien Lucas Arruda ou de Vincent Gicquel, né en Bretagne. D’autres autres n’ont jamais été exposées en France, c’est le cas, par exemple de Boy with Frog de Charles Ray qui a été exposée pendant plusieurs années à Venise, devant la Pointe de la Douane.

 

Boy with Frog semble avoir toujours été dans le jardin du cloître du Couvent des Jacobins…

On a l’impression qu’il est, ici, « à la maison ». Il y a une très grande adéquation entre les oeuvres présentées et le Couvent des Jacobins, magnifiquement restauré et aménagé. C’est ce qui caractérise toute l’exposition « Debout ! ». Dès la première salle, les grandes sculptures de Thomas Houseago et Thomas Schütte sont bien à leur place dans l’atrium et le déambulatoire du cloître du Centre des congrès. C’est une exposition intelligente, avec un rapport compréhensible entre le titre de l’exposition - « Debout ! » - et des références à l’histoire du Couvent et de la Bretagne.

 

Entre les œuvres montrées au Couvent autour de la mémoire et celles exposées au Musée des Beaux-Arts sur le thème de l’oubli, « Debout ! » invite à réfléchir sur le destin de l’humanité ?

L’humanité ne peut avancer sans mémoire. L’accumulation des souvenirs et des informations permet d’avancer. C’est ce qui nous distingue des espèces animales : l’humanité n’a cessé, de génération en génération, de se transmettre des choses mais nous devons, également, savoir oublier, « passer l’éponge ». L’accumulation à l’infini créé, parfois, une incapacité à imaginer. Plus encore, l’humanité a le devoir permanent de résister, de se lever, de dire non à la haine, à la violence et à l’oppression. Les artistes prennent leur part dans ce mouvement de résistance, à travers la création d’œuvres et de formes.