-Concert-

Le Compte Ory

C’est le dernier grand éclat de rire de Rossini à la scène !
Dix ans après La Cenerentola, le musicien le plus célèbre de son temps retrouve le genre comique, mais ce n’est plus de l’opera buffa.
Définitivement installé à Paris, converti à nos genres lyriques (il signera bientôt avec Guillaume Tell, son ultime « grand » opéra), le compositeur de L’Italienne à Alger se mesure à l’humour français avec une jubilation communicative. Le livret a de quoi le réjouir : la comtesse Adèle et ses compagnes ont vu partir en croisade leurs frères et leurs soupirants ; leur vertu va être mise à rude épreuve par les assauts répétés du comte Ory et de ses comparses. La dernière scène est un prodige de drôlerie, puisqu’elle voit ces derniers déguisés en religieuses se couvrir de ridicule puis s’enfuir précipitamment à l’annonce du retour des croisés. La morale sera sauve, ou presque.
Rossini mélange ici toutes les recettes accumulées durant sa carrière pas si longue mais d’une incroyable fertilité. Il y a comme toujours du bel canto pyrotechnique, des ensembles étourdissants, de merveilleuses trouvailles d’orchestration. Mais la confusion des sexes, dans le trio du page Isolier, de la comtesse Adèle et du comte Ory, atteint un nouveau paroxysme et rappelle ainsi la situation scabreuse du dernier acte des Noces de Figaro. On ne peut d’ailleurs s’empêcher de penser à Mozart face à une partition qui lui doit beaucoup, comme si Rossini, au crépuscule de son activité de compositeur lyrique, se tournait affectueusement vers le plus grand de ses devanciers, le seul en tout cas qu’il pouvait considérer comme tel.

Le Compte Ory

Opéra
Place de la Mairie
35000 RENNES
02 23 62 28 00
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