Poule Coucou de Rennes

Animaux bretons

7 animaux bretons à observer à l’Ecomusée

Toute l’année, on peut découvrir et admirer des animaux emblématiques de la Bretagne à l’Ecomusée du Pays de Rennes. Beaucoup de ces espèces, qui font partie du patrimoine vivant de la région, ont bien failli disparaître. Elles ont été sauvées grâce à l’Ecomusée et à des passionnés. Poule Coucou de Rennes, poule Noire de Janzé, vache Bretonne Pie Noire, cheval Breton, chèvre des Fossés, porc de l’Ouest, mouton d’Ouessant… chaque animal a une histoire à raconter.

1. La Poule Coucou de Rennes

La « nouvelle » star des marchés

La poule Coucou de Rennes a échappé de peu à la disparition. Après la Seconde guerre mondiale, la relance de l’économie a imposé des souches de volailles « made in USA ». La Poule Coucou, comme d’autres races locales en a subi les conséquences. Victime collatérale de la guerre, elle doit sa survie à l’Ecomusée et à des passionnés qui se souvenaient bien de ce poulet de la grand-mère, et de ses qualités. Son physique avantageux d’abord, avec sa jolie robe, mélange de plumes grisâtres, blanches et bleutées (le plumage coucou dont elle tire son nom), mais surtout sa saveur qui lui vaut aujourd’hui une nouvelle notoriété.

« Tout le monde connaissait la coucou de Rennes et ne tarissait pas d’éloges à son sujet, mais plus personne ne savait où en trouver » raconte Jean-Paul Cillard, zootechnicien de l’Ecomusée. Heureusement, en 1988, Jean-Luc Maillard, conservateur de l’Ecomusée, retrouve sa trace chez un ancien maraîcher rennais, André Rouesné, parti en retraite dans le Maine-et-Loire avec quelques poules dans ses bagages.

Un savoureux poulet fermier au goût de noisette

Une poule élégante et de grande taille qui ne ressemble à aucune autre. « C’est un poulet fermier de grand gabarit, avec des pectoraux assez développés et dont la chair a une texture particulière avec un goût de noisette » explique le responsable du cheptel de l’Ecomusée. « Avec sa jolie robe élégante et son plumage coucou, elle a fière allure ».

Grâce au travail mené avec des éleveurs, des restaurateurs de renom et des fermiers, ce symbole du pays rennais est revenu au goût du jour et a trouvé de nouveaux débouchés sur les marchés et sur les tables des chefs. On la trouve au Marché des Lices de Rennes, grâce notamment à Paul Renault, volailler de Louvigné de Bais. 

Pour l’Ecomusée en effet, il ne suffit pas de sauver une espèce menacée, il faut aussi encourager le développement d’une filière pour garantir sa sauvegarde sur le long terme. « Une race, si elle ne trouve pas de débouchés économiques reste juste une vitrine, et ne vit que dans le domaine de l’affectif » précise Jean-Paul Cillard. «  La Poule Coucou fait partie du patrimoine culinaire, on a retrouvé sa trace dans d’anciennes recettes de Simone Morand ».

Une poule, symbole du pays de Rennes, à déguster aussi avec les yeux lors d’une visite à l’Ecomusée. L’histoire et la redécouverte de la poule coucou a également fait l’objet d’un livre publié aux Presses Universitaires de Rennes

2. La poule noire de Janzé

Gardienne des ruches et des vergers

Poule Noire de Janzé
Poule Noire de Janzé © H. Ronné / Écomusée du Pays de Rennes

Autre volaille de race bretonne, la poule Noire de Janzé avait elle totalement disparu. Il ne restait que la  description d’une « poule noire à l’œil marron qui pond des œufs blancs, assez basse sur pattes ». Dans les années 90, des éleveurs ont tout de même retrouvé quelques spécimens chez un ancien agriculteur, mais point de coqs. L’Ecomusée a récupéré une souche dans les Landes pour obtenir ce qu’on appelle un « phénotype ». La Noire de Janzé a commencé alors à retrouver le chemin des poulaillers. Et même si sa chair est réputée, comme celle de sa cousine de Janzé, elle se destine à une autre vocation.

Un prédateur pour les frelons asiatiques

« C’est une poule qui a la réputation d’être assez sauvage. On l’appelait la ‘poule des haies’ et était élevée en liberté ». Sa particularité ? « Elle vole un peu partout et va chercher sa nourriture de manière autonome » détaille le Zootechnicien de l’Ecomusée.

Une poule précieuse dans les fermes car elle joue un rôle important dans les vergers, en chassant les insectes indésirables, comme le feraient des faisans. Elle est complémentaire des mésanges qui nichaient autrefois dans les pommiers pour protéger les fruits des insectes ravageurs. Une autre particularité de la poule noire a été découverte récemment : elle serait un prédateur du frelon asiatique qui attaque les ruches. Elle joue aussi un rôle étonnant de dépouilleuse des tiques du mouton.

La poule Noire de Janzé, qui contribue également à améliorer le sol des vergers en le grattant et en l’enrichissant avec ses excréments, est vraiment bonne à tout faire. Une mission connue des anciens. « Les poules protégeaient la ferme contre les vipères et les serpents qui s’approchaient un peu trop. On avait oublié ce rôle de régulateur de la basse-cour » ajoute Jean-Paul Cillard.

3. Le Cheval Breton

La fierté des éleveurs au gabarit impressionnant

Cheval breton de l'Ecomusée du pays de Rennes
© H. Ronné / Écomusée du Pays de Rennes

Il avait perdu sa place dans les campagnes, au profit du tracteur… Le cheval Breton – cheval de trait ou postier Breton – a fait son retour à la faveur de concours d’attelages organisés à l’Ecomusée. Un moyen de refaire parler de lui, d’assurer sa reproduction et de montrer au grand public un animal impressionnant, qui peut mesurer jusqu’à 1m65 au garrot et peser jusqu’à 950 kilos.

Le cheval Breton a été l’une des premières races de traits en France, issue d’un croisement au XIXème siècle avec de solides trotteurs anglais. Le plus lourd, le cheval de trait, était utilisé pour les travaux des champs. Le plus léger, le Postier Breton, assurait le transport du courrier ou des voyageurs et rendait des services à l’armée. Aujourd’hui, certaines collectivités l’utilisent en attelage pour transporter les enfants jusqu’à leur école. Il fait aussi des apparitions en ville ou lors de festivités pour des attelages de loisirs ou des promenades en roulottes.

4. La vache Bretonne pie noire

La championne du circuit court

Vache Bretonne Pie Noire
Vache Bretonne Pie Noire © H. Ronné / Écomusée du Pays de Rennes

La vache Bretonne Pie Noire est la plus petite race bovine française. Courte sur patte, c’est une race de bord de mer, de presqu’île, une espèce typiquement celtique et rustique façonnée par et pour le territoire. Avec sa robe noire et blanche, elle est emblématique de la Bretagne aux couleurs de son drapeau.

500.000 vaches en 1900, seulement 300 dans les années 1970

Elle aussi a failli disparaitre alors qu’elle était la vache la plus répandue en Bretagne. En 1900, on en comptait pourtant 500.000. Mais dans les années 1970, il n’en restait plus que 300. De quoi alarmer les éleveurs bretons qui ont alors lancé le premier plan de sauvegarde pour une vache française. Détrônée par la Hollandaise, plus productive, elle a pourtant de nombreux atouts qu’on redécouvre aujourd’hui, en même temps qu’émergent de nouveaux modèles agricoles qui s’éloignent de la productivité à tout prix.

« Elle produit certes moins de lait, mais il est riche an matière grasses et en protéines. C’est aussi une vache avec une longévité exceptionnelle, il n’est pas rare d’avoir des animaux de plus de 20 ans » explique le Zootechnicien. « Elle valorise également des produits grossiers, comme le foin, la betterave, l’herbe, elle mange un peu de tout et n’as pas besoin d’alimentation importée à base de soja ».

Egérie du Salon de l’Agriculture en 2017

Elle retrouve sa place dans une agriculture familiale, composée de petits troupeaux, des circuits courts avec de la vente directe. La Pie Noire fait vivre une économie rurale avec du beurre, du fromage vendus directement sur les marchés et sa viande est également de très bonne qualité. Tout le monde y gagne au niveau environnemental et économique. C’est le symbole d’un nouveau modèle, dans la lignée de l’agriculture biologique, et d’une autre idée de l’élevage où le bien-être animal et l’environnement sont pris en compte. Et ce n’est pas un hasard si le Salon International de l’Agriculture 2017 a choisi d’en faire son égérie…

5. La chèvre des fossés

Une « biquette » tout-terrain

Chèvres des Fossés
© H. Ronné / Écomusée du Pays de Rennes

La chèvre des fossés, c’est encore une belle histoire de sauvegarde d’une race qui aurait disparu sans l’action de l’Ecomusée. Lors de son inauguration, le parc agro-pastoral n’avait pas eu d’écho de chèvre bretonne. Il en existait pourtant une, aux belles couleurs, avec des longs poils et un sourire en coin. Une chèvre rustique, qui vivait dehors, entretenait les talus et donnait un peu de lait pour les nourrissons autrefois dans les fermes. Son nom était tout trouvé : la chèvre des Fossés. Cette « vache du pauvre » servait un peu à tout à la campagne. Les fermiers y étaient très attachés, la grand-mère s’en occupait.

L’une d’elle, Aubépine, a été retrouvée et achetée à prix d’or. Il a fallu la faire rencontrer des boucs sauvages du Cap de la Hague pour lui assurer une belle descendance à l’Ecomusée. Une chèvre voyageuse, qu’on trouvait aussi bien en Bretagne, en Normandie que dans les Pays-de-la-Loire. Elle a de grands points communs avec la chèvre des Pyrénées. Les éleveurs du Béarn avaient en effet l’habitude de monter régulièrement à Paris avec leurs troupeaux, avant de pousser vers la côte normande, à Deauville ou Trouville pour vendre du lait sur les plages. Une chèvre vraiment tout-terrain. 

6. Le mouton d’Ouessant

Le plus petit mouton du monde

Moutons d'Ouessant à l'Ecomusée du pays de Rennes
Moutons d’Ouessant à l’Ecomusée du pays de Rennes © A. Amet / Écomusée du Pays de Rennes

C’est le mouton qu’on trouvait en Bretagne sur les grèves et des bords de côtes. A Ouessant, on le trouvait en grand nombre, d’ou son appellation. Sa petite taille et ses petites cornes sont ses principales caractéristiques, avec sa couleur noire. Il a été supplanté par des moutons plus gros qui ont peu à peu pris sa place. Il aurait totalement disparu si des châtelains du continent n’avaient pas conservé ce sympathique animal pour entretenir les parcs et jardins de leurs châteaux. Grâce au Muséum d’histoire naturelle de Paris et une association de sauvegarde (le Groupement des Éleveurs de moutons d’Ouessant – GEMO), il a été préservé et a fait son entrée à l’Ecomusée lors de sa création en 1994.

« Une tondeuse écologique »

20 ans après, le troupeau de l’Ecomusée est l’un des plus conséquents avec une quarantaine de femelles. La ville de Paris y a trouvé ses moutons pour entretenir des pelouses et d’autres sont partis en Allemagne ou au Portugal. Car le mouton d’Ouessant est une véritable « tondeuse écologique ». C’est l’as de l’éco-pâturage, idéal pour entretenir les espaces verts. Un animal qui a gardé son côté rustique et qui ne donne qu’un seul petit à la fois. Petit, mais costaud, c’est un « animal de compagnie » auquel les Bretons sont très attachés.   

7. Le porc blanc de l’ouest 

Le « trésor de la famille » bretonne

Porc Blanc de l'Ouest
Porc Blanc de l’Ouest © H. Ronné / Écomusée du Pays de Rennes

Autre animal qui impressionne particulièrement les visiteurs de l’Ecomusée : le porc Blanc de l’Ouest. Le cochon est un animal emblématique de la région. Dans les fermes on l’appelait « le trésor de la famille ». Le porc était une source nourricière pour l’hiver, à l’époque où chaque ferme vivait en autarcie et en polyculture avec un équilibre entre les animaux : une ou deux vaches, un cochon, une chèvre et des poules suffisaient pour nourir une famille bretonne et fabriquer des produits pour alimenter les marchés locaux. 

Le porc fait partie de cette histoire et de la tradition gastronomique bretonne. Sans le porc, on ne pourrait pas déguster la spécialité rennaise, la fameuse galette-saucisse. Issu d’une race très ancienne, de type celtique, il charme avec ses oreilles tombantes et est parfaitement adapté à la vie en plein air. Sa taille surprend beaucoup les enfants : la truie peut peser jusqu’à 350 kg et le verrat, 450kg. Son cousin normand, le porc de Bayeux avec ses tâches sombres très particulières, a failli disparaître après la guerre. Il est également conservé à l’Ecomusée.

L’Ecomusée, un conservatoire végétal et animal unique

Atelier découverte vie sauvage - Écomusée de Rennes
Atelier découverte vie sauvage – Écomusée de Rennes

Les animaux bretons ne sont pas les seuls à être conservés à l’Ecomusée du Pays de Rennes. Au total, une vingtaine d’espèces, des Bretonnes et d’autres du grand ouest comme l’âne du Cotentin ou l’oie Normande, sont représentées et s’épanouissent sur les 20 hectares de l’ancienne ferme. Aujourd’hui, l’Ecomusée est un conservatoire génétique exceptionnel qui contribue à la sauvegarde la biodiversité animale et végétale dans une ville, capitale de la biodiversité en 2017. Les races bretonnes qui vivent sur le site font partie d’un patrimoine à sauvegarder, au même titre que d’autres animaux en danger sur la planète. 

Un patrimoine vivant auquel chaque breton est lié

Des espèces qui ont été façonnées par un terroir et sélectionnées par des éleveurs au fil des siècles. Elles témoignent de l’histoire des évolutions de la société rurale. « Chaque Breton, par ses racines, est lié à ces races domestiques » rappelle Jean-Paul Cillard, le responsable du cheptel. Si l’objectif est de montrer en un seul lieu les différents animaux, le rôle de l’Ecomusée ne s’arrête pas là, il participe à la valorisation de filières en travaillant avec les éleveurs, les producteurs, les scientifiques et les restaurateurs pour faire en sorte que ce patrimoine reste vivant.

Pour ces différentes raisons et les expositions temporaires qu’il propose régulièrement, l’Ecomusée est un lieu à visiter lors d’un séjour à Rennes. Un endroit bucolique, à deux pas de la ville, à faire découvrir, en particulier aux enfants, grands passionnés des animaux de la ferme. 

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