Hermines-foulons

La Rue Pont aux Foulons

D’où vient le nom de la rue Pont aux Foulons ?

La rue Pont aux Foulons est une toute petite ruelle pavée du centre ancien de Rennes. Son nom ne vous dit peut-être rien, il évoque pourtant tout un pan de l’histoire de la capitale bretonne.

Une petite ruelle piétonne pleine de charme

Hermines rue aux foulons à Rennes

Vous êtes peut-être passé dans la rue Pont aux Foulons en vous demandant où était ce fameux pont. Car comme vous des dizaines de milliers de piétons foulent ses pavés chaque jour pour rejoindre la Place Sainte-Anne, le cœur festif de la ville, depuis la rue Lebastard, la principale artère commerçante. Cette petite ruelle piétonne ne manque pas de charme et concentre, en quelques mètres, de jolies petites boutiques. Avec ses belles maisons à pans-de-bois, on se croirait dans un décor médiéval. Pourtant, comme la plupart des maisons à colombages de Rennes, elles datent en fait du XVIIIème siècle.

Qui étaient les foulons ?

Le nom des foulons évoque la fabrique de draps, une activité qui était autrefois très importante à Rennes. En raison de la proximité avec la rivière, nécessaire pour faire tourner les moulins à foulon qui servaient à battre la laine tissée.

« On a longtemps cru que les foulonniers travaillaient dans cette rue car il existait un fossé à cet endroit » raconte Gilles Brohan, animateur de l’architecture et du patrimoine à Destination Rennes. « En fait, ils travaillaient au bord de l’eau mais c’est ici qu’ils habitaient. Le nom de la rue vient de là ».

Quand au pont, c’est en quelque sorte un vestige de l’ancien rempart qui entourait la ville. « Pendant longtemps, un pont franchissait le fossé qui ceinturait le rempart » précise Gilles Brohan.  A l’époque Moderne, les habitants investissent le fossé pour faire des potagers ou des jardins d’agréments, un pont de bois permettait de les rejoindre depuis l’actuelle rue Lebastard.

Un souterrain reliait un hôtel particulier à son jardin

Dessin de Busnel Théophile 1880-1890, Collection Arts graphiques, Musée de Bretagne.

Difficile aujourd’hui d’imaginer cette ruelle avec un rempart, un fossé et des jardins potagers. Sous vos pieds, d’autres histoires étonnantes font de cette ruelle un élément de patrimoine à part. Actuellement c’est le métro qui passe à quelques mètres sous terre. Mais il y a quelques siècles, un autre souterrain permettait à la famille de Robien de rejoindre son jardin, mais les historiens sont partagés et peut-être que ce souterrain n’est qu’une légende urbaine.

Cette famille possédait en tout cas un hôtel particulier qui attire toujours les regards avec sa tourelle à l’angle de la rue Lebastard. Elle avait fait construire une orangerie du côté du fameux fossé. Surnommée « le Trianon », ses plafonds avait même été peints par Jean Jouvenet, le même décorateur qui réalise à la même période la salle de la Grand’Chambre du Parlement de Bretagne. Comme leur jardin n’était pas attenant à leur logement, le souterrain était un accès privilégié, à moins que ce ne soit juste une porte qui donnait sur leur jardin. 

« En 1724, le pont de bois s’effondre » explique Gilles Brohan. «  La crise du logement consécutive au grand incendie de 1720 conduit à combler le fossé pour construire une chaussée et des maisons. Dans l’odonymie, le nom de Pont aux Foulons est resté, même si plus rien ne permet de rappeler son origine ».

Plus rien à part quelques maisons à pans de bois du XVIIIème siècle à découvrir, dans le cadre de visites guidées organisées par l’office de tourisme. D’ailleurs, pour les admirer sous un autre angle, on peut accéder par la rue de la Motte Fablet à une cour qui donne sur l’arrière des Immeubles.

Les hermines veillent sur le patrimoine

De drôles d’hermines vous suivent du regard dans cette petite rue… Vous en croiserez d’autres dans le centre historique de Rennes. Cette opération originale, lancée pendant l’été 2019 et baptisée Bonne Kozh (kozh veut dire ancien en breton), met en lumière le patrimoine du centre ancien en cours de réhabilitation. Depuis 2011 en effet, d’importants travaux de rénovation sont entrepris pour réhabiliter les immeubles, en particulier ceux à pans de bois. Sur le site Rennes centre ancien, tous les immeubles en cours de rénovation sont détaillés sur une carte dynamique. Et pendant les travaux, qui durent en général 3 ans, les commerces du rez-de-chaussée restent donc inoccupés, sauf par des hermines qui veillent sur le patrimoine en attendant d’accueillir de nouvelles boutiques.

De belles boutiques à visiter

La rue Pont aux Foulons compte déjà de bonnes adresses qui méritent le détour. Notamment des boutiques de prêt-à-porter, boutiques de vêtements avec des enseignes comme la Fiançée du Mékong, Les enfants d’abord, Papa Pique et maman coud. Une histoire de continuité avec l’activité des foulons qui disposaient d’échoppes au rez-de-chaussée de leurs habitations. Vous y trouverez de quoi vous chaussez ou vous habiller du côté des boutiques emblématiques comme Kaki Crazy Station, à l’angle de la rue Champ-Jacquet, ou Scott Originals pour trouver chaussure à votre pied et battre le pavé. La rue abrite également un atelier d’artiste, le Choix d’Isa, qui se trouve à l’entrée de la ruelle ainsi qu’un commerce de créations, Tara’s Creation pour les amateurs de bijoux fantaisie et de produits venus d’ailleurs. Sans oublier un salon de coiffure – barbier, Mon barbier & Elle, pour se refaire une beauté.

Les gourmands feront une halte à QK confiserie, pour goûter aux spécialités anglaises. Et juste en face, pour vous restaurer pendant votre visite de Rennes, une adresse originale vous attend : Kôlôchô propose des spécialités venues d’Europe centrale sous forme de gourmandises salées ou sucrées enrobée d’une pâte briochée enroulée sur des broches en bois d’Olivier. Une curiosité gastronomique que vous ne verrez pas ailleurs.

Enfin, justement pour mieux voir les hermines, allez jeter un coup d’œil à la boutique Regard marine à l’angle de la Place Sainte-Anne. Elle est décorée de mosaïques Odorico, une autre particularité du patrimoine rennais.

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