Publié le 23 juillet 2026 par Fabrice Mazoir
8 pépites architecturales contemporaines
Les Horizons, la maison Odorico, les Halles centrales…
L’architecture rennaise est une mosaïque où cohabitent différents styles et époques. Plusieurs réalisations représentatives de l’architecture contemporaine des XXème et XXIème siècles valent notamment le détour. 8 bâtiments rennais ont même décroché le label « Architecture contemporaine remarquable » du Ministère de la Culture. Si certains de ces monuments sont bien identifiés dans le paysage rennais, comme les tours des Horizons, d’autres sont des pépites encore méconnues.
Le label Architecture contemporaine remarquable valorise le patrimoine récent
Le Label Architecture contemporain remarquable, attribué à des bâtiments construits récemment, a succédé au label « Patrimoine du XXème siècle ». Il distingue la singularité architecturale des bâtiments devant lesquels on passe souvent sans y prêter suffisamment d’attention.
À Rennes, huit constructions sont labellisées par le Ministère de la Culture et la Drac, sur un total de près de 1800 édifices labellisés en France. Lors d’une visite guidée ou d’une balade en ville, c’est l’occasion de découvrir un patrimoine emblématique de la capitale bretonne.

Maison Crespel



RaphSituée à l’angle des rues d’Antrain et Saint-Martin, la maison Crespel n’est pas la plus spectaculaire mais si on y prête attention elle est particulièrement originale. Construite de 1950 à 1954 par l’architecte Louis Chouinard pour le géomètre Yves Crespel, elle avait à l’origine pour particularité d’être à la fois le lieu d’habitation et le bureau du commanditaire. Cette double fonction se retrouve avec deux entrées séparées sur la rue et le jardin et surtout dans le contraste entre les matériaux utilisés : du schiste rouge pour le rez-de-chaussée qui abrite l’activité professionnelle et les pièces de réception et la pierre de comblanchien blanche pour l’étage d’habitation. Ce qui renforce le style épuré et contemporain de la maison dont les formes arrondies épouse harmonieusement l’angle de la rue.
- Maison Crespel, 43 rue d’Antrain, 35000 Rennes.
Les Horizons

Les Horizons sont un des emblèmes de l’architecture contemporaine rennaise. Des tours jumelles dessinées par Georges Maillols, l’architecte qui a donné un style futuriste à la capitale bretonne dans les années 50, 60 et 70. En réalisant pas moins de 140 immeubles à Rennes, Georges Maillols a marqué la ville de son empreinte. Parmi les nombreux immeubles d’habitation, les Horizons constituent une sorte de chef-d’œuvre, à la fois par sa hauteur de gratte-ciel (près de 100 mètres), mais aussi par son côté innovant : grâce à un procédé de préfabrication en béton, le chantier a été ultra-rapide. Au rythme d’un étage par semaine, les tours siamoises ont été bâties en un an seulement.
- Les Horizons, 18-20 rue de Brest quartier Bourg-L’Évêque, 35000 Rennes.
Halles centrales

Les halles centrales de Rennes, où les gourmands viennent faire le plein de produits frais et locaux et se retrouvent chaque premier dimanche du mois pour le rituel du Marché à Manger, méritent aussi le coup d’œil pour leur architecture. Ce marché Couvert a été construit de 1912 à 1926 par l’architecte de la ville de Rennes, Emmanuel Le Ray à l’emplacement de l’ancienne halle aux grains. Avec ses quatre ailes, ses allées couvertes et son organisation hygiéniste pour faciliter le nettoyage, les Halles centrales se démarquent aussi par la polychromie des matériaux utilisés : soubassement en granit, brique jaune pour les élévations, bandeaux de brique rouge ou de tuffeau, frises en grès flammé à motifs de volutes et de vague… Un bâtiment Art déco particulièrement original.
- La Criée – Marché Central, place Honoré Comeurec, 35000 Rennes.
Maison Odorico

Les mosaïques Odorico sont une des originalités du patrimoine rennais. Les fresques réalisées par la famille de mosaïstes italiens tapissent les murs et les sols de nombreux bâtiments comme la piscine Saint-Georges, les Halles Centrales, l’immeuble Valton ou encore l’église Sainte-Thérèse. La Maison Odorico construite en 1940 pour Isidore Odorico fils était à la fois le lieu d’habitation de la famille mais aussi un show-room où certains clients étaient accueillis. Aujourd’hui restaurée et transformée en crêperie, on peut aussi la découvrir à l’occasion des visites guidées sur l’art de la mosaïque proposées par l’Office de tourisme.
- Maison Odorico, 7 rue Joseph Sauveur, 35000 Rennes.
Collège et Lycée Saint-Vincent

Voilà sans doute le plus beau collège-lycée de Bretagne. Avec ses faux airs de palais toscan, ses coupoles de style néo-byzantin, ses deux belvédères majestueux et sa façade de 300 mètres, le bâtiment en impose. C’était d’ailleurs le dessein de l’architecte Henri Mellet qui a présidé à sa construction en 1912 : afficher la puissance de l’enseignement catholique, dans un contexte particulier, juste après la loi de 1905. Une domination renforcée par l’implantation du collège sur un escarpement qui domine la ville. Tout un symbole… Jouxtant le jardin du Thabor, il fait partie des lieux emblématiques traversés par le Rennes Urban Trail, l’occasion d’y faire une petite pause fraîcheur pour admirer ses vitraux et son architecture.
- Collège et Lycée Saint-Vincent, 57-75 rue de Paris, 35000 Rennes. www.saintvincent-rennes.org
Immeuble Tomine

À l’angle de l’avenue Janvier et de la rue Dupont-des-Loges se trouve un autre bâtiment de style Art Déco étonne : l’Immeuble Tomine. Construit en 1936 par l’entrepreneur André Tomine d’après les plans de l’architecte Yves Lemoine, c’est ce qu’on appelle un « immeuble de rapport ». Sur sept étages, il est organisé avec des commerces au rez-de-chaussée et des logements sur les étages supérieurs, dont les deux derniers sont en gradins. Le style moderniste, de type steamline ou « paquebot », est tout en courbe avec de belles surfaces en terrasses et en loggia et des bow-windows pour faire entrer la lumière dans les appartements.
- Immeuble Tomine, 3 avenue Jean Janvier, 35000 Rennes.
École nationale supérieure d’architecture de Bretagne

L’École nationale supérieure d’architecture de Bretagne s’est installée près des Prairies Saint-Martin en 1990 sur une parcelle entourée d’eau, avec l’Ille d’un côté et le canal Saint-Martin de l’autre. Pour son projet, l’architecte Patrick Berger a habilement conservé d’anciens bâtiments de la manufacture datant de 1884 en y ajoutant un bâtiment contemporain en bois et béton dont les formes épousent la courbe de la rivière. Le travail de l’architecte est encore plus impressionnant à l’intérieur autour de la lumière, avec une mezzanine qui fait le lien entre le nouveau bâtiment et les anciens tout en offrant des vues sur la rivière. Le tout est posé solidement sur une dalle en granit avec un mur qui dissimule l’entrée du parking. L’école propose des visites guidées à l’occasion des journées nationales de l’architecture chaque mois d’octobre.
- École nationale supérieure d’architecture de Bretagne (Ensab), 44 boulevard de Chézy, 35000 Rennes. www.rennes.archi.fr
Maison provinciale des Filles de Jésus

Qui a dit que les architectes rennais manquaient d’audace ? Preuve du contraire avec la Maison provinciale des filles de Jésus construite en 1993 et signée de l’Atelier Perrin & Martin. À proximité de la gare et quelques années avant l’édification des Champs Libres de l’architecte Christian de Potzamparc, ce monument qui abrite la congrégation des Filles de Jésus est un bel exemple d’architecture de béton, intégré dans un quartier où hôtel particuliers et immeubles plus modernes se côtoient. Le lieu s’ouvre parfois à l’occasion d’exposition lors des journées européennes du matrimoine et patrimoine.
- Maison provinciale des filles de Jésus, 17 boulevard Magenta, 35000 Rennes.